« Les jeunes qui possèdent à la fois des connaissances en comptabilité et des compétences numériques valent de l’or sur le marché du travail »

À peine 725 comptables-fiscalistes néerlandophones diplômés en 2019

Les jeunes Flamands sont trop peu nombreux à vouloir devenir comptable-fiscaliste. Selon une enquête réalisée par l’entreprise technologique Wolters Kluwer auprès de plusieurs hautes écoles, seuls 725 étudiants néerlandophones ont décroché un baccalauréat en comptabilité-fiscalité l’année académique passée, alors que la demande de jeunes talents spécialisés dans ce domaine est énorme. « Dans 80 % des cas, les cabinets comptables ne parviennent pas ou que difficilement à trouver les profils de base qu’ils recherchent pour leurs offres d’emploi », explique Ronny De Goedt, Managing Director de Wolters Kluwer Tax & Accounting Belgique. « Les gens pensent à tort que la numérisation du secteur va faire disparaître ces professions, et cela semble avoir de l’influence sur le choix d’études que font certains jeunes. »

21 octobre 2019

Des années durant, les prévisions annonçant que la numérisation et l’automatisation allaient rendre certaines professions obsolètes n’ont cessé de pleuvoir. Parmi ces métiers, celui de comptable est l’un des plus souvent cités. « Mais rien ne saurait être moins vrai », assure Ronny De Goedt, Managing Director de Wolters Kluwer Tax & Accounting Belgique. Ce dernier est à la tête de la division qui développe justement des logiciels d’automatisation destinés aux cabinets fiscaux et d’expertise comptable. « De tels scénarios catastrophes sont loin d’être à l’ordre du jour. Le secteur de la fiscalité et de l’expertise comptable est cependant en train de se transformer radicalement, ce qui fait que les professionnels devront tous apprendre à exercer leur métier autrement, car la technologie simplifie et accélère toute une série de choses. Le rôle de l’expert-comptable consiste et consistera plus que jamais à travailler sur la base de ces résultats plus rapides. À l’avenir, ce rôle consultatif et proactif sera celui pour lequel il sera le plus souvent sollicité. »

Métier en pénurie

Au fil des ans, les professions liées à la fiscalité et à l’expertise-comptable sont devenues de véritables métiers en pénurie. Selon une enquête réalisée à la demande de Wolters Kluwer Belgique auprès de 308 cabinets comptables belges, il s’avère que selon le profil recherché, seuls 10 à 20 pour cent des postes vacants sont rapidement pourvus. « Les employeurs à la recherche de ce que l’on appelle des généralistes et des gestionnaires de dossiers ne trouvent des profils adéquats dans un délai normal que dans 1 cas sur 5. Dans environ 60 pour cent des cas, ils doivent effectuer des recherches difficiles qui durent plusieurs mois. Et 20 pour cent de ces postes vacants le restent. » Les spécialistes de la TVA ou de la planification financière personnelle semblent être des perles encore plus rares, car 1 poste vacant sur trois n’est jamais pourvu. Seuls 8 pour cent des cabinets parviennent « facilement » à engager un collaborateur qui dispose d’un profil si spécifique.

 

Les jeunes talents très prisés

Vu le nombre élevé d’offres d’emploi dans ce domaine, les jeunes qui possèdent à la fois un diplôme en comptabilité et les compétences numériques les plus récentes sont extrêmement prisés des recruteurs. Une enquête de Wolters Kluwer Belgique menée auprès de 10 hautes écoles néerlandophones* qui proposent un baccalauréat en gestion d’entreprise avec spécialisation en fiscalité et expertise-comptable révèle que seuls 725 jeunes ont obtenu un diplôme dans cette filière durant l’année académique 2018-2019. Et 90 à 95 pour cent d’entre eux ont décroché un emploi dans les mois qui ont suivi. « Les Big 4 (Deloitte, KPMG, Ernst & Young et PwC) embauchent immédiatement la majeure partie de chaque nouvelle vague de jeunes diplômés », explique Ronny De Goedt.


Une voiture de société dès le départ

Vu la pénurie qui touche le secteur, la plupart de ces nouveaux venus sur le marché de l’emploi bénéficient d’une belle rémunération, allant de 2 000 à 2 300 euros brut, à laquelle s’ajoutent un 13e mois, un pécule de vacances, des bonus et même une voiture de société. « C’est surtout ce véhicule qui incite de nombreux jeunes talents à rejoindre ces grandes entreprises plutôt qu’un cabinet comptable local ou plus petit. Plus l’organisation est grande, plus il y a aussi de chances en ce moment qu’ils arrivent dans un environnement où ils auront la possibilité de continuer à développer leurs compétences consultatives et numériques. Si les cabinets plus modestes entendent survivre et pourvoir leurs postes vacants, ils devront aussi faire des choix en ce qui concerne la numérisation de divers processus comptables. »

Une nouvelle image de la profession

Selon Ronny De Goedt, l’image du métier de comptable doit de toute urgence être redorée auprès du grand public. « L’avenir du monde de la fiscalité et de l’expertise-comptable n’est pas à ces professions classiques d’autrefois, qui consistaient avant tout à saisir des chiffres et qui attiraient peut-être moins les jeunes », poursuit le Managing Director de Wolters Kluwer Tax & Accounting Belgique. « Tous les jeunes qui sont doués avec les chiffres, qui aiment le contact avec les gens et qui sont à la page au niveau numérique disposent des capacités requises pour faire carrière en tant qu’expert-comptable. À l’avenir, il jouera les pivots entre l’entreprise, les banques et les pouvoirs publics et exploitera la technologie afin d’offrir à ses clients des conseils et un accompagnement personnalisés. Ce n’est que si notre secteur met davantage en avant cet aspect de nos professions que les jeunes seront intéressés par ce type de carrière. Et à en juger par le nombre de diplômés et les besoins des cabinets comptables plus modestes, nous ne le faisons pas assez pour le moment. »

 

Hautes écoles interrogées :

  • Artesis Plantijn Hogeschool Antwerpen
  • Arteveldehogeschool Gent
  • Odisee, Campus Aalst et Campus Brussel
  • Hogeschool Gent, Campus Gent et Campus Aalst
  • Howest
  • Karel de Grote Hogeschool
  • Thomas More, Campus Mechelen et Campus Geel
  • Hogeschool UCLL, Campus Diepenbeek et Campus Leuven
  • VIVES Hogeschool, Campus Brugge et Campus Kortrijk
  • Hogeschool PXL